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Genèse 3,7-24 : Pourquoi la vie est-elle si dure ?

dimanche 13 février 2011, Eglise de La Garenne-Colombes, Trevor Harris
La vie est belle n'est-ce pas ?

Moi, j'aime les montagnes , les Vosges, le Jura, les Alpes.
J'aime les Iles en Écosse; la côte bretonne.
J'aime les grandes vagues de l'Atlantique.
J'aime ma famille et mes amis.
J'aime aller au restaurant et bien manger !
J'aime aller au cinéma et regarder un bon film !

Et au fond de nous-mêmes nous le savons bien. Nous aimons la vie. Nous ne voulons pas quitter la vie.
Nous nous y accrochons. Même ceux qui connaissent des souffrances terribles s'y accrochent tant bien que mal. Malgré tout !

Oui, la vie est parfois dure, voire souvent très dure.
Il y a des épreuves de tout genre.
Des désastres « naturels ». La création semble parfois déchaînée; hors d'elle.
Il y a des maladies douloureuses et incurables qui font souffrir tant de gens.
Nos relations humaines sont difficiles. La communication est compliquée.
Nous sommes des êtres compliqués, sensibles, fragiles.
Il y a la solitude réelle et vive des célibataires ... 
... et tant de mariages où les tensions, la méfiance, l'incompréhension prennent le pas sur l'amour, la fidélité et la confiance.
Et le travail et le quotidien sont parfois frustrants.
Boulot, métro, dodo.
Il y a le chef agaçant, pesant, dominateur.
La photocopieuse qui est toujours en panne.
Le train de Saint-Lazare bloqué de nouveau par des grèves.
Il n'y a pas que des cheminots qui connaissent la réalité de la pénibilité du travail.

La vie est belle, mais parfois pénible, dure et frustrante.
Et la Bible ne dit pas le contraire.
La vision que la Bible donne du monde, de notre réalité, est réaliste.
Elle colle avec la réalité que nous vivons du jour le jour.

Les chrétiens ne sont pas invités à croire aveuglément à une réalité parallèle mystique qui n'a rien à voir avec ce que nous voyons autour de nous. Loin de là, puisque la Bible dit vrai, puisque la Bible est la Parole du Dieu vivant qui ne ment pas, elle nous explique de manière honnête, de manière réaliste et juste le monde dans lequel nous vivons.

Et ce chapitre 3 du livre de la Genèse pose quelques fondements essentiels pour comprendre ce monde dans lequel nous vivons, pour comprendre notre propre nature humaine et surtout pour comprendre le Dieu qui nous aime, le Dieu qui est à la fois saint, pur, qui a le mal en horreur et qui est pourtant plein de miséricorde et de grâce.

Où en sommes-nous dans le récit du début de l'humanité.

Il y a quelques semaines, nous avons vu comment notre Dieu a tout créé, de manière ordonnée, structurée et intentionnelle. Rien n'a été laissé au hasard ou à la loi du plus fort. Tout ce que Dieu a créé était bon, voire très bon. Et nous avons vu que l'homme était la cime de sa création. Beaucoup plus qu'un animal évolué, il est créé à l'image de Dieu. Les hommes et les femmes ont le rôle important de représenter Dieu dans ce monde, d'être son image pour toute la création. 

Ensuite, nous avons vu comment Dieu a pris soin de nous. Un jardin, de quoi manger, et il nous a donné une famille, il a donné la femme à l'homme pour qu'il ne soit plus seul. Et comme un Père qui prend soin de ses enfants, il a fixé les bornes morales de notre existence. Dieu a donné le commandement selon lequel ils ne devaient pas manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Cet arbre qui semble représenter le fait de choisir soi-même, de déterminer soi-même ce qui est bien et ce qui est mauvais. Chose que seul Dieu puisse faire, puisqu'il est bon, il est la source de toute bonté. Sa volonté est bonne et ce qui est contre sa volonté est par définition mauvais.

Et la fois d'avant, nous avons assisté à un véritable coup d'État. L'homme et la femme par pure folie, par orgueil, en croyant des mensonges cruels à l'égard du Dieu qui les aimait, ont désobéi. C'était le premier péché. Ils ont cherché à s'émanciper du règne providentiel de Dieu, à se hisser au dessus de Dieu pour être son rival, pour déterminer eux-mêmes le bien et le mal.

Ce matin, dans la suite de notre texte nous allons voir les conséquences de cette révolte, les conséquences du péché. Nous allons voir comment le voile de la mort s'abat sur l'homme. Dieu, celui qui nous a donné la vie, l'auteur de la vie, est fidèle à sa promesse, le salaire du péché, de la révolte contre lui est bien la mort. Et on verra que cette mort est multiforme et que notre Dieu est plein de patience.

Nous allons voir que
  1. Notre relation avec Dieu a été bouleversée
  2. Nous vivons désormais un monde sous le jugement de Dieu
  3. … mais Dieu est toujours bon et plein de grâce

Et nous verrons que ce 3e point, même si je vais le traiter en dernier, est partout dans ce passage.

  1. Notre relation avec Dieu a été bouleversée (7-13)

Commençons avec cette notion de notre relation d'avec Dieu.
Revenons au verset 7 et 8 de notre passage : …

7 Leurs yeux à tous les deux s'ouvrirent, et ils prirent conscience qu'ils étaient nus. Ils attachèrent des feuilles de figuier ensemble et s'en firent des ceintures. 8 Quand ils entendirent la voix de l'Éternel Dieu en train de parcourir le jardin vers le soir, l'homme et sa femme se cachèrent loin de l'Éternel Dieu au milieu des arbres du jardin.

Quelque chose de profond a eu lieu à ce moment-là.  En fait, le serpent en leur promettant la connaissance a dit vrai en partie, mais cette connaissance ne rime pas avec les notions de la liberté, de l'émancipation ou de la grandeur. Tant s'en faut !

«  Leurs yeux à tous les deux s'ouvrirent, et ils prirent conscience qu'ils étaient nus. »

Ils se sont rendu compte de leur fragilité, de leur dépendance du créateur contre qui ils viennent de déclarer la guerre. Leurs corps finis témoignent de cette vulnérabilité. Et quelque chose se casse entre la femme et l'homme. Leurs différences les gênent. Le terme « la honte » qui était employé à la fin du chapitre 2 n'est pas employé ici, mais il est bien présent. Notre péché, notre révolte nous exposent à la honte et aussi à la peur. Au verset 9 Adam dira à Dieu : …


 « J'ai entendu ta voix dans le jardin et j'ai eu peur, parce que j'étais nu. Alors je me suis caché. »

et dès cet instant, l'homme a été en fuite. Il entend la voix de Dieu, mais au lieu de l'accueillir, par peur, dans la honte, ils ne pensent qu'à s'en éloigner. Il se cache. Il a peur de Dieu. Il n'y a pas de remords, mais de honte.

Et combien ce constat est vrai aujourd'hui n'est-ce pas ? Les paroles de Dieu nous font fuir. Notre société, nos amis et nous-mêmes, oui même ceux qui ont déjà mis leur confiance en Jésus ne sont pas entièrement dépourvus de cette tendance de fuir la Parole de Dieu. L'homme invente de multiples stratagèmes pour éviter de faire face à la Parole de Dieu.

  • Le mépris, je n'ai pas besoin de tout ça
  • la fuite, j'ai trop de choses à faire cette semaine
  • quand je suis vieux j'y penserai
  • de toute façon la Bible peut-on y croire ?
  • qu'est-ce que mes amis / ma famille penseraient de moi, s'ils savaient que je lisais la Bible
  • et ainsi de suite.

Il ne faut pas s'étonner que le message de Jésus-Christ ne passe pas toujours comme une lettre à la poste ; que nos voisins reculent à la seule mention du nom de Jésus, que les autres étudiants vous méprisent quand vous faites un stand au GBU. Devant Dieu, l'homme se sait en faute. Il se sait une créature vulnérable et dépendante de son créateur. Il éprouve de la honte. Une honte insaisissable, indéfinissable. Il a peur. Il a peur de ses paroles souveraines. Il préfère se cacher de Dieu. Même si cette fuite est vaine, car comment est-ce qu'on peut se cacher d'un Dieu qui sait tout et qui voit tout.

C'est un peu comme un enfant qui joue au cache-cache, et se cache derrière le canapé et ne réalise pas que son parent l'a vu se cacher et le voit de toute manière même si l'enfant ne peut voir son parent.

Ou c'est un peu comme ce film d'il y a quelques années, « The Truman Show » où un homme réel, à son insu, fait partie dès son enfance d'une série télévisée avec des caméras cachées. Il essaie de se cacher et de s'en fuir, mais des milliers de téléspectateurs suivent chacun de ses mouvements.

Dieu voit chacun de nous.
Il sait comment nous essayons de nous cacher.
Il connaît nos stratagèmes.


Verset 9

9 Cependant, l'Éternel Dieu appela l'homme et lui dit : « Où es-tu ? »

Dieu sait ce qu'il a fait et sait où il se cache, mais dans sa grâce, il le poursuit.
Il aurait pu se dire, ce n'est pas la peine. C'est peine perdue.
Il aurait pu arrêter net le souffle de l'homme.
Mais non, il veut parler avec Adam.

C'est Adam que Dieu appelle. 

C'est lui que Dieu a fait chef de la famille.
C'est Adam qui doit rendre des comptes à Dieu en premier.
C'est à lui que Dieu a confié sa parole, ce commandement.
C'est une notion qui devrait attirer l'attention des hommes, les maris, les pères n'est-ce pas ?
Dieu veut que les hommes soient des hommes. Il veut les responsabiliser.

Mais Adam ne connaît pas le sens de ce mot « responsabilité ».

12 L'homme répondit : « C'est la femme que tu as mise à mes côtés qui m'a donné de ce fruit, et j'en ai mangé. »

Adam commence à blâmer sa femme.
Il n'y a plus aucune solidarité dans son couple.
Mais peut-être pire que ça, c'est qu'Adam est en train d'accuser Dieu.
Ça serait sa faute, parce que c'est Dieu qui lui a donné la femme.


Adam est en plein délire d'autojustification.
Il se justifie devant Dieu.
Il se pose en victime de sa propre faute.
Et Ève fait la même chose.

Si Dieu est toujours là, si Dieu est toujours en train de leur parler, c'est que Dieu veut qu'ils reconnaissent, de manière honnête, leur faute. Dieu dans sa grâce veut les conduire à une prise de conscience de la gravité de leur révolte et à la repentance sincère. Mais Adam et sa femme se braquent. Ils sont sur la défensive. Tout en eux, crie : « Ce n'est pas ma faute. C'est ta faute ! »

C'est une stratégie qui nous est trop familière n'est-ce pas ?
La stratégie de la victime.

Parfois devant Dieu, on essaie de se justifier par nos actes, ce que nous avons fait de bon et d'honorable. On se dit : « Dieu m'acceptera parce que je suis quelque de bien ». Ainsi, dans notre honte et peur, on essaie de garder Dieu à une distance gérable par le rempart de nos soi-disant mérites. 

Mais parfois, on se justifie devant lui en se posant en victime. Ce n'est pas ma faute. C'est ta faute. Finalement c'est toi qui es redevable envers moi, toi le Créateur. Et parfois même lorsque nous sommes vraiment la victime du péché d'autrui, nous nous en servons pour réclamer l'acceptation de Dieu et ultimement pour garder Dieu à une distance gérable et sécurisante. C’est ainsi qu'on joue au cache-cache.

Adam et Ève ont peur de lui, ils honte devant lui.
Leur relation avec Dieu est cassée.
Elle est imprégnée de la mort, de la mort spirituelle.
Celui qui leur a donné la vie est devenu une source de peur !
C'est la conséquence du péché.

Et si on veut comprendre notre monde et surtout l'humanité elle-même, nous-mêmes, nos amis, nos collègues, nos voisins, les foules dans le RER, il faut être conscient de cette peur et de cette honte qui imprègnent l'humanité jusqu'au tréfonds de son coeur. Lorsqu'il s'agit de parler de Dieu, de réfléchir à ses questions, personne n'est neutre, personne n'est émotionnellement équilibré ou objectif.

2. Nous vivons désormais un monde sous le jugement de Dieu (14-24)

Passons à notre deuxième grande section.

Si la vie est parfois dure, voire très dure, c'est parce que nous vivons dans un monde qui a été soumis à la frustration. C'est un signe pour nous de son jugement.

Dieu commence en maudissant le serpent.
Versets 14 et 15 : 

14L'Éternel Dieu dit au serpent : « Puisque tu as fait cela, tu seras maudit parmi tout le bétail et tous les animaux sauvages. Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. 15 Je mettrai l'hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci t'écrasera la tête et tu lui blesseras le talon. »

Le serpent, nous l'avons vu la fois dernière, est le diable lui-même.
C'est la suite de la Bible qui nous le montre.
Dieu est très clair et son jugement est permanent, et sans appel.
Il est maudit.
Le mal n'aura pas le dernier mot.


On reviendra sur le verset 15 dans la troisième partie, mais on peut d'ores et déjà noter que Dieu met de l'inimitié, de l'hostilité entre lui et l'humanité. C'est une grâce de la part de Dieu. L'homme n'est pas vendu à 100% au mal ; sa relation au mal est beaucoup plus complexe : on le déteste, mais on y succombe.

C'est une réalité que nous voyons autour de nous de manière permanente.
L'homme, la société se protègent du mal.
On l'a, tout du moins en partie, en horreur.
Il y a plein de choses qui nous dégoûtent.

Lorsque les droits des innocents et les plus vulnérables sont bafoués, ça nous dégoûte.
Les crimes les plus horribles nous horripilent.
L'arrogance, le mépris, la malhonnêteté nous exaspèrent. La révolution en Égypte en témoigne.
Lorsqu'on pense à Auschwitz, on dit « plus jamais ça ! »

Et pourtant on se complaît dans le mal.
On s'y livre, même s'il nous faut du mal.
La bataille fait rage.

Nous sommes à la fois les victimes du mal …
… et ses bourreaux volontaires.

Jusques à quand, ô Seigneur ?
Jusqu'à quand cette hostilité ?
Quand est-ce que cette inimitié, cette lutte, prendra fin ?

On y reviendra dans un instant.

Ensuite le Seigneur Dieu punit la femme.
Il ne parle pas de malédiction. Il y a déjà une lueur d'espoir.
La femme est touchée dans ce qui est au coeur de sa féminité.
Tout l'aspect familial et relationnel est touché de plein fouet.

Le verset 16 nous dit : …
« J'augmenterai la souffrance de tes grossesses. C'est dans la douleur que tu mettras des enfants au monde. Tes désirs se porteront vers ton mari, mais lui, il dominera sur toi. »

Il y a de l'espoir dans le sens où ce n'est pas la fin.
Il va y avoir une multiplication d'êtres humains.
Mais cela va se faire dans la souffrance.
La création bénie sera frustrée.

« Tes désirs se porteront vers ton mari, mais lui, il dominera sur toi. »
Ce petit verset a fait couler beaucoup d'encre.

ll y en a qui pensent que ce désir est le désir de maîtriser, dominer, manipuler verbalement son mari parce que le chapitre 4 utilise cette expression de cette manière-là. Et ensuite son mari répond par la domination physique. Ça colle avec l'expérience de beaucoup de gens.
Mais à mon avis, c'est tout simplement le fait que la femme aimera son mari, mais le mari exploitera cet amour, cette vulnérabilité, en la dominant physiquement.
En tout cas, le mariage est touché là où le bat blesse.
Cette confiance parfaite est rudement secouée, mise à mal.

Et cette une réalité cruelle.
Oui, cela veut dire que Monsieur Parfait n'existe plus.
Adam a dû être un beau parti : galant, courageux, honnête, doux, fort, .
Mais le rêve romantique est dorénavant frustré.
Il y a de bons mariages, certes.
Mais ça se travaille.
La communication n'est pas toujours facile.
Les jeux de pouvoir au sein des couples sont une réalité attristante.

Nous vivons un monde sous le jugement de Dieu.
Nous vivons les conséquences de notre péché.

Et cela devrait nous apprendre non pas à nous donner au désespoir,
… mais à en prendre acte, à chercher à y remédier avec humilité …
… et surtout à espérer en celui qui a le droit de re-créer, de refaire, de restaurer sa belle création.

Le mariage sera un jour restauré dans la relation de Jésus à son église.

L'homme est également touché dans sa masculinité, dans son rapport au travail.
Ce travail qui fait partie de la bonne création est également soumis à la frustration.
Il devient pénible et dur.

Cela veut dire que le travail parfait n'existe pas.
Monster, Cadremploi, Pôle Emploi ne peuvent pas combler ce désir.

Une fois à Londres je me plaignais auprès de mon pasteur que mon boulot était difficile et ennuyeux. Il m'a regardé sans compassion et il m'a dit quelque chose comme : Trévor, il faut t'y attendre. Le travail a été touché par le péché. On vit les conséquences de notre révolte.

On veut se réaliser dans notre travail, mais notre travail aura toujours un côté dur, répétitif, ennuyeux, usant. On ne peut pas y échapper.
Cela ne devrait pas nous pousser au désespoir,
… mais à apprendre le contentement
… et à nous languir pour ce jour lorsque nous serons dans la nouvelle création …
… pleinement actif pour Dieu, et pourtant dans le repos
… à l'œuvre pour lui dans la joie de le servir

Si on fait notre travail pour lui plaire.
Cette joie peut être la nôtre aujourd'hui,
Une joie parmi les ronces et les chardons.

À l'homme Dieu dit : …
19 C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, et ce jusqu'à ce que tu retournes à la terre, puisque c'est d'elle que tu as été tiré. Oui, tu es poussière et tu retourneras à la poussière.»

La mort est dorénavant une sombre réalité.
Plus loin on voit que Dieu empêche l'accès à l'arbre de la vie.
Il les bannit de son jardin.

Alors, qu'est-ce que c'est cette mort ?
Oui, c'est la mort physique, mais elle est plus que cela aussi.

Dans la Bible la mort n'est pas la non-existence, mais c'est l'absence de la vie.C'est une existence loin de la vie; en rupture avec l'auteur de la vie. Mais la suite de la Bible nous montre que même cette définition-là qui voit les conséquences du péché comme le simple éloignement de Dieu est bien inadéquate aussi, car la mort spirituelle est vécue comme un châtiment.

L'Ancien Testament parlera de l'exil pour le peuple d'Israël,
... qui sera sévèrement puni pour son idolâtrie, son apostasie.

Jésus dans le Nouveau Testament parlera de la réalité de l'enfer, comme un lieu ou un état terrible. Dans sa grâce, pour nous en bien avertir, Jésus parle de manière très imagée, du feu éternel, des ténèbres, du tourment, de destruction. Ce n'est pas l'absence de Dieu, car Dieu est partout, omniprésent, mais c'est le fait de rencontrer le Dieu trois fois saint dans son jugement terrible.

Dieu doit punir l'homme.
Il y va de la fidélité, la fiabilité de sa parole.
De plus, il y va de sa sainteté, de sa justice et de sa pureté.
Dieu ne tolère pas le mal.  Il est trop saint pour que ses yeux le voient.

Lorsqu'on défit, lorsqu'on rejette celui qui nous a donné la vie, on mérite la mort.
  •  
3. Mais Dieu est toujours bon et plein de grâce

Mais Dieu est non seulement saint, mais miséricordieux et il l'a toujours été. S'il nous montre très clairement que le salaire du péché, de notre révolte, est la mort, c'est une grâce qu'il nous fait puisque cela nous permet d'en prendre conscience et de chercher humblement, sans autojustification, sa miséricorde, sa clémence, sa grâce.

Cette semaine lors de nos ateliers bibliques le jeudi soir nous avons étudié le 11e chapitre de l'évangile de Jean où Jésus ressuscite son ami Lazare d'entre les morts. Et tout ce chapitre sert à nous montrer de manière puissante que Jésus-Christ de Nazareth, cet homme qui a réellement vécu il y a 2000 ans, est lui-même, de manière personnifiée, la vie et la résurrection. S'il y en a un qui peut résoudre ce voile de la mort qui nous engloutit, c'est bien lui et il l'a prouvé dans ce chapitre en ressuscitant son ami d'entre les morts par sa simple parole.

Il y a une section très émouvante dans ce chapitre là. Je vais vous la citer : …

32 Marie arriva à l'endroit où était Jésus. Quand elle le vit, elle tomba à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » 33 En la voyant pleurer, elle et les Juifs venus avec elle, Jésus fut profondément indigné et bouleversé. 34 Il dit : « Où l'avez-vous mis ? » « Seigneur, lui répondit-on, viens et tu verras.» 35 Jésus pleura. 36 Les Juifs dirent alors : « Voyez comme il l'aimait! »

Sur le visage de Jésus, nous voyons ce que Dieu pense de la mort. Dieu n'est pas un juge froid sans empathie. Dieu ne prend pas plaisir à la mort de qui que ce soit. En fait, la mort l'indigne profondément et le bouleverse au plus profond de lui. La mort est son ennemi. Elle détruit sa belle création, son humanité. [En passant Jésus est le maître de la relation d'aide, face à nos souffrances, il ne nous invite pas d'abord à l'introspection morbide, mais à voir qui il est lui, sa beauté, son autorité, sa compassion.] Jésus comprend la terreur de la mort, l'anéantissement de son cher ami Lazare qu'il aimait tant.

Et Dieu a toujours été comme ça.
Nous voyons dans le livre de la Genèse comment Dieu ne cesse de parler avec Adam.
Il veut le conduire à la repentance. Il patiente.
Il ne le détruit pas sur le coup.

Au verset 15 il avait parlé d'un jour où la tête du serpent, du malin, serait écrasée.
C'était une expression un peu énigmatique.

5 Je mettrai l'hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance :
celle-ci t'écrasera la tête et tu lui blesseras le talon.»

Dieu parle d'un jour futur quand la descendance d'une femme, un fils d'Ève mettra fin à la puissance du malin. Ça lui coutera cher, mais enfin la tête de cette bête sera écrasée.

De manière oblique, de manière voilée, le texte parle de Jésus. Jésus a compris son ministère comme une lutte avec le malin et les auteurs du NT ont compris que ce texte parlait de lui.

Le serpent en trompant la femme a fait une tentative d'homicide.
Il voulait détruire la bonne création de Dieu.
Il voulait mettre à mort l'homme, la cime de la création de Dieu.
S'il pouvait les faire chuter, ils auraient à mourir.
Ainsi, le serpent aurait forcé la main de Dieu.
Il aurait obligé Dieu à détruire sa propre création. Quelle victoire !
Il aurait contrecarré le désir de Dieu de voir sa création remplie d'hommes et de femmes à son image.

Mais au verset 21, nous voyons que tout n'est pas perdu …
Dieu nous donne un petit aperçu de sa grâce …
et un aperçu de comment il peut nous montrer sa grâce et rester fidèle à sa parole…

21 L'Éternel Dieu fit des habits en peau pour Adam et pour sa femme, et il les leur mit. 

Les pagnes de figuier ne faisaient pas l'affaire. Dieu n'a pas réglé leur honte et leur peur en effaçant le passé. Et il ne leur a pas demandé de surmonter leur honte en enlevant les pagnes comme des naturistes préconisent. Mais il l'a couverte.

Un animal a dû mourir pour que Dieu puisse couvrir leur honte.
Et ce geste nous renvoie bien sûr au sacrifice de la croix où ...
  Jésus a pris le salaire de notre péché ...
 … il a souffert notre mort, il a pris notre châtiment.
… pour que nous puissions avoir sa vie.

C'est Jésus qui couvre notre honte et notre culpabilité.
Son sang nous couvre. Il rend Dieu propice à notre égard.
Il efface nos fautes.

C'est un habit de gloire qui fait que nous n'avons plus besoin d'avoir honte devant Dieu, de connaître la peur de Dieu, mais en Jésus couvert par son sang, revêtu de lui-même, de la grâce, nous pouvons nous approcher de Dieu avec une confiance renouvelée, avec une joie restaurée, avec l'innocence d'enfants pardonnés et acceptés.1

Comme toujours, c'est Jésus qui est notre héros
… et la croix est son trône
… et son sacrifice est la source de notre salut et de notre guérison spirituelle.

Conclusion

Nous vivons un monde sous le jugement de Dieu.
La vie est dure.
Mais ces frustrations nous renvoient vers notre révolte en Adam.
Une révolte sur les voies de laquelle nous avons tous suivi, jour après jour.

Ces frustrations de la vie quotidienne. Ces souffrances pénibles servent également de flèche, de panneau. Elles nous montrent aussi la réalité de la mort, la mort éternelle qui nous guette.

La Bible est claire que ceux qui ne fléchissent pas le genou devant Jésus rencontreront Jésus dans le jugement. Jésus nous a dit que tout jugement lui a été remis par le Père. Et son jugement est parfaitement juste parce qu'il juge selon le jugement du Père. Jésus est juste de punir ceux qui défient l'auteur de la vie, celui qui est la résurrection et la vie. C'est juste, ô combien juste.

Mais c'est triste et tragique aussi parce que la voie est ouverte.  Celui qui s'indignait devant l'horreur de la mort, qui a pleuré de compassion à la vue de celles qui avaient perdu leur frère, veut nous donner la vie, la résurrection, la vie éternelle, l'arbre de la vie et il peut le faire parce qu'il a pris le salaire de notre péché pour que nous puissions avoir sa vie.

Ne faisons pas comme Adam et Ève qui dans leur honte et dans leur peur ont refusé de reconnaître la gravité de leur défiance à l'égard de Dieu, mais sans chercher à nous justifier, humilions-nous devant celui qui nous a tellement aimés qu'il a donné son f ils unique pour que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle.

Amen. Prions.

1  cf. Blocher, H., « La révélation des origines », p.189