• Accueil
  • Médiathèque
    • Ancien Testament>
      • Ruth
      • Exode
      • Genese
    • Nouveau Testament
  • Form

Genèse 2,4-25 « Le Dieu qui prend soin de nous » 

Dimanche 16 janvier 2011, Église de La Garenne-Colombes, Trevor HARRIS
Introduction
Quel genre de société voulons-nous ? C'est la question politique par excellence et il y a de multiples réponses à cette question. La solidarité sociale et la liberté individuelle sont comme deux pôles dans notre manière de voir la société et chaque mouvement politique les mélange à leur sauce. Notre but ce matin n'est pas cependant politique ou politicien, mais nous voulons revenir au début de la création pour mieux comprendre les contours du plan, du projet de Dieu, bref de la vie que Dieu nous a donnée. Si notre pensée politique est façonnée par les concepts tels que la solidarité sociale et la liberté individuelle, c'est que quelque part ces choses sont inscrites dans l'ordre créationel.

Et en étudiant la vie que Dieu nous a donnée, j'espère que nous allons être émerveillés par la bonté du Dieu qui prend soin de nous et que ce passage nous conduira à le louer pour la richesse de sa grâce. Notre Dieu est bon, sa volonté est bonne et sa sagesse qui a formé notre monde, notre environnement et nous-mêmes proclame la grandeur de sa grâce, de sa bienveillance à notre égard. 

La semaine dernière nous nous penchés sur le premier chapitre du livre de la Genèse. L'histoire de la création. 

  1. Nous avons vu que Dieu, le Dieu qui est tout simplement là, a créé toutes choses. Rien n'existe, à part lui, qui n'a pas été créé par lui. Tout et tous lui doivent leur existence. Nous lui appartenons, nous sommes ses créatures. Nous sommes tous redevables envers lui, il est notre souverain, notre créateur, notre roi.

  2. Nous avons vu également que Dieu nous donne notre signification ou notre identité. Il a fait de nous, les hommes et les femmes, peu inférieurs à Dieu, nous sommes la cime de sa création créés en son image pour être son image dans le monde, c'est-à-dire les représentants de son autorité, ses préfets ou vice-rois. Nous sommes là pour gérer sa planète pour lui, à sa place, selon ses voies.

  3. Et le septième jour, ce jour mis à part, sanctifié, nous rappelle notre but. Notre but dépasse notre travail. Notre but est une grâce qui nous est donnée. Nous n'avons pas à le gagner en travaillant, mais à l'accepter comme un cadeau. Notre but est de connaître Dieu et de nous réjouir en lui jusqu'à dans l'éternité et cela pour que la gloire revienne à lui seul.

Dans notre texte de ce matin, Moïse, l'auteur de la Genèse prend sa loupe et focalise sur la création de l'homme. On peut le prendre comme un commentaire du premier texte.1 Il y a du chevauchement avec le premier texte, même l'accent est un peu différent. 


Encore une fois, les chrétiens diffèrent entre eux sont la part du symbolisme et la part de l'histoire chronologique dans ces textes. Il y a manifestement des deux, mais encore une fois mon objectif ce matin est de faire éclater le message essentiel du texte pour que nous comprenions le but de l'auteur, Moïse, et cela pour que nous entendions la voix de Dieu, ce qu'il veut nous dire et pourquoi. Ça c'est le but de chaque prédication d'ailleurs, que la Bible soit fidèlement exposée pour que la voix de Dieu soit entendue et comprise et pour que le peuple de Dieu soit nourri.

Structure
J'aimerais aborder le texte de en trois grandes parties ce matin .
  1. Le Dieu qui prend soin de nous en nous donnant la vie et de quoi vivre
  2. Le Dieu qui prend soin de nous en nous donnant sa bonne loi
  3. Le Dieu qui prend soin de nous en nous donnant le mariage

1. Le Dieu qui prend soin de nous en nous donnant la vie et de quoi vivre
Le Dieu qui nous a donné la vie

Les premiers versets de notre passage nous montrent quelque chose de l'attention que Dieu porte à l'humanité. En effet, toute la création attend l'homme. 


Verset 5 : 
« Lorsque l'Éternel Dieu fit la terre et le ciel, il n'y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs ne poussait encore, car l'Éternel Dieu n'avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n'y avait pas d'homme pour cultiver le sol. »

L'homme n'est pas un accessoire à la création, mais comme nous l'avons vu la semaine dernière, il en est la cime. Il en est la cime sans être non plus son destructeur. Sa création attend sa bonne gestion. Le mouvement écologique a raison d'avoir des attentes de l'homme, des attentes d'une bonne gestion, mais il a tort lorsqu’il relègue l'homme au statut d'un simple animal de plus dans le monde naturel. 

Mais le héros du texte n'est pas tant l'homme que Dieu. Et dans ce texte le nom de Dieu a changé. Dans le premier chapitre, c'est le mot Dieu qui est utilisé, mais dans ce texte, c'est le nom « l'Éternel Dieu » ou « le Seigneur Dieu ». C'est le nom personnel de Dieu, Jahvé. 

Et ce Dieu personnel, connaissable, a créé l'homme en le façonnant de manière experte de la poussière de la terre, cette terre que l'homme doit travailler et à laquelle il retournera. Il y a mis tout son savoir, tous ses tendres soins. Si l'homme est un être vivant, ce n'est pas parce que quelques produits chimiques se sont retrouvés ensemble de manière accidentelle ou aléatoire. 

C'est le Seigneur Dieu qui les a mis ensemble de manière ordonnée avec toute sa sagesse et son amour et c'est lui qui a donné à l'homme le souffle de la vie. Le texte est très imagé, « il insuffla un souffle dans ses narines et l'homme devint un être vivant. » C'est personnel, c'est physique, c'est relationnel. 

Si le chapitre 1 nous a donné l'image du grand Dieu de tout le cosmos, ce texte nous montre le Dieu qui prend soin de nous, qui s'intéresse à nous, qui nous a donné le souffle de la vie en l'insufflant dans nos poumons par nos narines. Le Seigneur, l'Éternel, n'est pas un dieu loin ou abstrait, il nous aime. Il chérit sa création.

Et c'est aussi pour ça qu'il nous prépare une place dans le monde. Il plante un jardin. Il ne nous a pas largué au plein milieu du désert ou du nord polaire, mais il a planté un jardin propice à la vie. L'année dernière le film Avatar avant enchanté un grand nombre de personnes par la beauté de la planète Pandore, mais cette planète imaginaire était sortie tout droit de la réalité de la nôtre. 

« L’Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute sorte, agréables à voir et porteurs de fruits bons à manger. »

Le Dieu qui nous a donné un lieu où vivre avec lui (Éden)
Ce qui suit est la description de cet endroit spécial qui s'appelle Éden, un mot qui veut dire probablement « délice ». C'est clairement un endroit spécial façonné pour le bien de l'homme, pour lui donner un cadre de vie exceptionnel. 

Dans la suite de la Bible, dans la loi, dans les prophètes et aussi dans le livre de l'Apocalypse, le vocabulaire de ce passage, de Genèse 2, est repris pour parler du tabernacle, du temple et ensuite de la nouvelle création où Dieu habitera parmi les hommes. 

Éden est un endroit de vie, l'arbre de la vie est là. (On reviendra aux deux arbres au centre du jardin tout à l'heure.) Il y a de l'eau en quantité, un grand fleuve qui sort et qui arrose la terre. C'est un endroit entouré d'opulence, il y a de l'or pur, de bdellium, d'onyx, des pierres précieuses. Notre Dieu sait la valeur du luxe. Il n'est pas un Dieu austère qui méprise la beauté, les belles choses de la vie. 

Moïse de manière attentionnée identifie les pays qui l'entourent. Il semble bien parler d'un endroit spécifique, réel, géographique. Cela dépasse la simple métaphore, même si on ne peut situer avec exactitude l'endroit où se trouvait ce jardin-sanctuaire.

Qui dit sanctuaire, tabernacle, temple dit relation avec Dieu. On le voit au chapitre 3 où Dieu marchait dans le jardin. Ce jardin est un lieu de rencontre avec lui. Dieu et l'humanité s'entretiennent. C'est un lieu de vie, de confiance, de communion. Nous l'avons la semaine dernière, notre but est de connaître Dieu et nous réjouir en lui pour toute l'éternité. Notre vie en lui est une fête qui célèbre sa grâce. Lorsque Jésus parlera de la nouvelle création, ce sanctuaire à venir, il parle de la maison de son Père. Un lieu familial, paternel, un lieu de joie, de confiance et de communion. 

Encore une fois, Dieu ne laisse pas l'homme désœuvré.  Il lui donne du travail. Le verset 15 nous dit : 

« L'Éternel Dieu prit l'homme et le plaça dans le jardin d'Éden pour qu'il le cultive et le garde. » 

Le travail fait partie de cette bonne création. Le mot pour cultiver est le mot « servir ».

Certes, et nous le verrons dans deux semaines, le travail a été touché et abîmé par la révolte de l'homme, mais le travail en soi est une bénédiction, c'est une manière de servir Dieu. On peut aller au bureau, à l'usine, au chantier, à l'école le lundi matin et remercier le Seigneur de ce qu'il nous a donné du travail. Ce travail est bon. Il fait partie de notre vocation humaine. En travaillant, nous travaillons ultimement pour rendre gloire à notre Dieu Créateur. 

Henri Blocher de la faculté de Vaux sur Seine le résume ainsi : « en servant le sol, l'homme fera les œuvres de Dieu après lui. »2 Quelle vocation ! Du coup, la dureté de notre travail, les moments pénibles, la frustration prennent une tout autre allure. 

Notre Dieu n'est pas distant ou abstrait, mais il prend soin de nous. 
Il nous a donné la vie et dans la vie il prend soin de nous. 

Cela devrait nous inciter à la gratitude. 
C'est juste et bon de remercier Dieu pour tout ce qu'il nous a donné. 
Pour la vie, 
Pour ce qu'il nous met sur nos table, 
Pour nos maisons.
Pour notre travail.
Enfin, pour tous ses soins providentiels. 

2. Le Dieu qui prend soin de nous en nous donnant sa bonne loi

Passons à notre deuxième section. « Dieu prend soin de nous en nous donnant sa bonne loi, sa loi divine. » Nous sommes aux versets 16 et 17.

« L'Éternel donna cet ordre à l'homme: « Tu pourras manger les fruits de tous les arbres du jardin, mais tu ne mangeras pas le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour que tu en mangeras, tu mourras, c'est certain. »

Dès qu'on parle de loi, j'imagine que bon nombre d'entre nous, si non nous tous, ont une certaine appréhension. Où là, la loi, si seulement il n'y avait pas de loi ! Mais cette une appréhension profondément fausse. Nous l'avons vu jusqu'ici : ce que Dieu a fait, il l'a fait pour prendre soin de nous et sa bonne loi, sa loi divine, fait partie de sa bonté envers nous.

La première chose à voir c'est que cette loi nous donne une immense liberté et une limite salvatrice. Une immense liberté et une limite salvatrice. 

une immense liberté
Commençons avec cette immense liberté.

Dieu n'est pas un dieu grincheux, radin ou avare.
Il n'est pas un trouble-fête qui veut rendre la vie misérable.
Au contraire, il est le Dieu de l'abondance.
Il ne fait pas les choses à moitié. 
Dieu donne les fruits de tous les arbres sauf un à Adam. Y compris les fruits de l'arbre de la vie. C'est l'arbre par lequel Dieu renouvelle la vie de l'homme sans cesse. Dans les Proverbes l'arbre de la vie est associé à la sagesse de Dieu, à sa parole vivifiante. 

Dieu donne le droit, l'accès à la vie, la vie en abondance à Adam. Il lui donne la liberté d'un enfant. Il veut qu'Adam profite au maximum de la vie. C'est beau n'est-ce pas ? Dieu n'est pas un ascète qui veut que nous vivions des vies de misère. Loin de là il veut que nous découvrions l'immensité de notre liberté, la beauté de la vie, les trésors de sa création. 

Il est le Dieu qui prend soin de nous.

Une limite salvatrice. 
Mais il y met une seule limite. Le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal constitue un interdit. L'homme est confronté ainsi avec la loi divine qui met des limites. 


C'est normal que ce soit Dieu qui met les limites. Après tout, il est notre Créateur. C'est lui le chef, le roi de la création, nous sommes entièrement dépendants de lui et redevables envers lui. On ne peut pas nous dire : « pour qui il se prend ? » ou « il n'a aucune autorité sur nous. » Nous sommes ses créatures qui dépendent de lui

Pourquoi est-ce que Dieu met cet arbre dans le jardin ? 
La première chose à dire c'est que cet arbre ne représente pas une tentation. Dieu ne tente pas l'homme avec le mal. Il ne lui tend pas un piège. Au contraire, Dieu est très clair. Il affirme de manière on ne peut plus nette et claire le danger : n'en mangez pas « car le jour que tu en mangeras, tu mourras, c'est certain. » La Parole de Dieu est claire et dans sa clarté elle est salvatrice. Sa loi est bonne. Elle nous protège, elle nous sauve du danger.

Tout comme un parent dit à son enfant, « n'approche-toi pas du bord de la falaise » ou « ne touche pas le feu »; Dieu dit de manière claire, mon enfant, puisque je t'aime, je ne veux pas que tu meures, ne mange donc pas le fruit de cet arbre-là. 

En mettant cet arbre dans le jardin, Dieu donne l'occasion à l'homme d'affirmer avec liberté sa joie d'être une créature du Créateur. L'homme, en évitant le fruit de cet arbre-là et en profitant de la vie en abondance que Dieu lui offre, affirme haut et fort son obéissance, sa dépendance de Dieu et sa joie de faire partie de sa bonne création. 

Est-ce une restriction arbitraire ? 
Est-ce que cet arbre représente quelque chose de plus grand ? 

Certains ont fait le lien avec les versets suivants et ont fait de ce fruit illicite, la sexualité humaine, mais rien dans le texte ne nous permet de faire ce lien. À la lumière du chapitre 3 et d'autres textes de la Bible, la connaissance du bien et du mal renverrait au choix entre le bien et le mal, la faculté de décider de ce qui est bien et de ce qui mauvais.3 


Lorsque l'homme décide de ce qui est bien et mauvais il y a des conséquences désastreuses. Les régimes athées du 20e siècle nous ont montré de manière cruelle de quoi l'homme est capable, jusqu'où il peut aller lorsqu'il définit comme bien le mal, et le mal comme bien. Cela mène à la folie. Sur un tout autre niveau, quand nos enfants font la loi, c'est l'anarchie ! 

Décider entre le bien et le mal est la prérogative, le droit du Créateur seul. Et Dieu nous protège ainsi. Sa loi est bonne. Il sait ce qui est bon parce qu'il est bon lui-même, la bonté trouve sa source en lui et il nous invite à lui faire confiance, à faire confiance à sa parole salvatrice et protectrice. Cette confiance, cette dépendance, est au coeur de notre être, nous sommes des êtres créés, mais dès qu'on met à bas cette dépendance, nous mettons en cause notre être tout entier.4

Dieu a invité Adam à ne pas s'arroger ce droit-là de manière révolutionnaire et révoltée, mais à croire en lui, à croire ses paroles, à avoir foi en sa bonté, à croire celui qui donne la vie. C'est une première définition de la foi.  On peut croire les paroles de notre créateur, les paroles de la Bible. Dieu nous y montre qu'il veut notre bien, il nous donne une immense liberté, la liberté d'un enfant et il met des limites pour prendre soin de nous. 

3. Le Dieu qui prend soin de nous en nous donnant le mariage

Dieu enchaîne en disant qu'il n'est bon que l'homme soit seul. C'est la première fois qu'il dit que quelque chose dans sa création n'est pas bon. La solitude n'est pas bonne. 

Ce n'est pas surprenant que Dieu trouve que la solitude n'est pas bonne. Il est le Dieu trinitaire. Certes, il est un, mais il est aussi un Dieu en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Dieu sait ce que c'est d'aimer et d'être aimé, cela fait partie de sa personne divine et parfaite. Et puisque Dieu est bon, il ne veut pas que l'homme ne connaisse pas cet amour, cet amour centré sur un autre. 

Et c'est pour ça que Dieu crée la femme pour l'homme, Ève pour Adam.

Verset 18 : …
« Je lui ferai une aide qui soit son vis-à-vis. »

Adam ne trouve pas une telle personne parmi les animaux. 
Nos animaux de compagnie n'ont pas une telle dignité.

La femme est prise de la côte d'Adam. Le texte ne nous explique pas pourquoi elle est prise de la côte. Il y a eu beaucoup d'interprétations. Henry Matthew l'explique ainsi : « Dieu n'a pas fait la femme « de la tête de l'homme pour qu'elle domine sur lui, ni de ses pieds pour qu'il la piétine – mais de son côté, pour qu'elle soit son égale, sous son bras pour qu'il la protège, et près de son coeur pour qu'il la chérisse. » » 5


C'est une explication plutôt romantique, mais moi je l'aime bien !

La côte en tout cas nous montre que la femme est de la même nature que l'homme. Elle est comme lui. L'idée d'un vis-à-vis nous montre la même chose. Il y a une égalité fondamentale entre les deux. Au chapitre 1, nous avons vu que les deux, l'homme et la femme sont tous les deux créés à l'image de Dieu, égaux en dignité et de valeur aux yeux de leur Créateur.

De la même nature, et pourtant ils sont différents. 
Un vis-à-vis. Littéralement « comme lui et en face de lui »
Dieu n'a pas créé un autre homme, mais une femme. 
Il y a de l'altérité, Dieu ne gomme pas les différences.
Les différences font partie de sa bonne création.

Elle est une aide pour lui, une aide complémentaire à lui. 
Cette expression « aide » n'est pas désobligeante. 
En fait, ailleurs dans la Bible, elle est souvent utilisée pour Dieu lui-même. 

Dieu célèbre ces différences. La différence sexuée fait partie de sa bonne création.
Plus loin dans la Bible nous voyons que ces différences sont prises au sérieux.
L'apôtre Paul parle de l'homme comme le chef de sa femme. (1 Co 11)
Un chef qui doit aimer sa femme comme Christ a aimé l'Église. (Eph 5)
Et la femme se soumet à son mari comme l'Église se soumet à Christ (Eph 5).

Cette complémentarité, cet ordre, qui ne nie en rien l'égalité fondamentale des sexes, est déjà présente dans ce texte de la Genèse. L'homme est créé en premier, il reçoit la loi de Dieu, il donne un nom à sa femme. C'est l'homme qui quitte sa famille et s'attache à sa femme, c'est lui qui prend l'initiative dans leur relation.6 

Dieu nous a créés ainsi parce qu'il prend soin de nous. 
Nos différences sont complémentaires. 
Ce qui est complémentaire se complimente, ne se rivalise pas, se complète et du coup l'être humain n'est plus seul. 
Très clairement notre Créateur cherche notre bien et notre bonheur.

Ce texte est également un texte capital pour comprendre les rudiments de ce que c'est le mariage selon la Bible. 

Le mariage concerne un homme et une femme. Le mariage homosexuel ne fait pas partie de ce bon ordre créationel puisqu'il nie la différence, l'altérité de l'homme et de la femme. 

L'homme quitte son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, une seule femme et pas plusieurs, la polygamie ne fait pas partie du bon plan de la création.

Il quitte sa famille, c'est un acte public, reconnu par la société et par Dieu. 
Ce n'est pas quelque chose qui est fait en secret, mais devant la société tout entière. 
Le concubinage n'est pas le mariage.

Ici c'est Dieu lui-même qui donne la femme à l'homme. Il est comme le père qui donne sa fille en mariage. Mais il est également comme Monsieur le Maire qui célèbre le mariage, qui y officie. Il présente la femme à Adam et Adam fait ses voeux devant lui. Verset 23 : « Voici cette fois celle qui est faite des mêmes os et de la même chair que moi. On l'appellera femme parce qu'elle a été tirée de l'homme. » Adam vient de dire « oui » devant Monsieur le Maire, plus que cela il vient de s'engager devant Dieu.

L'homme s'attache après avoir quitté sa famille. Il devient avec elle une seule chair. Cette une union sexuelle exclusive, et on voit que cette union sexuelle a lieu une fois que l'homme a quitté sa famille de manière publique pour former une nouvelle famille, c'est à dire après le mariage et dans le cadre du mariage. 

La sexualité est un bon don du Créateur qui nous aime et donne généreusement de bonnes choses à ses créatures, mais pour que ce don précieux soit un chant à sa gloire il le protège. Elle est bonne et pure au sein de cette relation d'engagement et de permanence, en dehors du mariage il devient ce que le Nouveau Testament appelle « Pornei », c'est-à-dire immoralité sexuelle de tous genres, les relations sexuelles avant le mariage ou à côté du mariage, des abus sexuels de tous genres et Jésus nous montre que cette immoralité sexuelle va jusqu'à nos pensées. 

Dieu n'est pas un trouble-fête,mais il prend soin de nous parce qu'il nous aime. Il veut protéger ce don extraordinaire pour notre bien. 

Conclusion

Et si le mariage vient en dernier dans le récit de la création, Dieu veut nous montrer son importance. Car le mariage est une parabole7 de quelque chose qui dépasse de loin notre réalité quotidienne. C'est une parabole de Christ et son église; de Jésus qui quitte son Père et qui s'attache à son épouse, son église, de manière fidèle et de manière permanente. Nos mariages terrestres qui sont pourtant un bon don que le Dieu créateur nous a donnés ne sont que temporaires. Ils font partie de cette création, mais le mariage à venir accomplit ce premier. 

Que l'on soit célibataire ou marié, si nous avons mis notre foi en Christ, nous faisons partie de son épouse. En lui, nous ne sommes pas seuls. En lui, nous sommes aimés, purs, chéris. Nous avons un protecteur qui prend soin de nous, qui prépare une place pour nous dans la maison de son Père, une place dans cette nouvelle création qui sera un temple qui dépasse de loin en beauté ce jardin-sanctuaire. En lui nous marchons avec Dieu dans sa présence par son Esprit. En lui il n'y pas de honte, car il a nous lavés, il nous a purifiés. Nous pouvons être dans la présence de Dieu tels que nous sommes. Son oeuvre à la croix a réglé la facture de nos fautes.


Nous avons un Dieu qui prend soin de nous. Il a toujours pris soin de nous, dès le début de la création et suprêmement en Jésus-Christ. En Jésus, toutes les promesses de cette création s'accomplissent et s'embellissent. 

Dieu est bon pour nous !  Fixons nos yeux sur lui, célébrons sa bonté et vivons cette semaine dans cette création-ci dans l'attente de la nouvelle d'une manière qui l'honore et qui le glorifie. 

« Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, l'honneur et la puissance, car tu as créé toutes choses et c'est par ta volonté qu'elles ont été créées et qu'elles existent. » Apocalypse 4,11


1David Jackman, In the beginning, série de prédications prêchée à Above Bar Church, Southhampton, R.-U..

2Blocher, H., Révélation des Origines, PUB, Genève, 1984, p.115.

3cf. Blocher, H., Révélation des Origines, PUB, Genève, 1984, p.127-128.

4cf. Blocher, H., Révélation des Origines, PUB, Genève, 1984, p.117

5 Matthew, Henry, cité par Blocher, H., Révélation des Origines, PUB, Genève, 1984, p.94

6cf. Blocher, H., Révélation des Origines, PUB, Genève, 1984, p.98s et Jaeger, L. Vivire dans un monde créé, Farel, XXX

7Je dois ce choix de langage à John Piper et son excellent livre : « This Momentary Mariage – a parable of permanence », IVP, Leicester, 2009